#BlackHERstorymonth#1 : Aoua Keïta, militante indépendantiste et féministe.

aoua

Aoua Keïta naquit en 1912 à Bamako dans une famille aristocratique qui se réclamait de Soundiata Keïta, fondateur de l’Empire du Mali. Elle fut une figure importante du syndicalisme, de l’indépendantisme et du féminisme dans son pays. Son père, un ancien combattant de l’armée française, l’inscrivit en 1923, contre l’avis de sa mère, à la première école des filles de Bamako. En 1931, elle obtint son diplôme de sage-femme à l’Ecole Africaine de Médecine et de Pharmacie de Dakar.

Mariés en 1935, Aoua Keïta et son époux adhérèrent au syndicat professionnel des agents de santé. Puis, ils rejoignirent quelques années plus tard la branche soudanaise du Rassemblement Démocratique Africain.

Après quatorze ans de mariage, le couple se sépara en raison de la pression de la famille de l’époux à cause de la stérilité d’Aoua Keïta, conséquence d’une opération.

A présent célibataire, Aoua Keïta continua ses activités politiques. Mutée dans la ville de Gao, elle s’impliqua fortement dans les élections législatives de 1951 et joua un rôle important dans la victoire de son parti. De plus, elle mit tout en œuvre pour déjouer les fraudes et assurer le caractère transparent de ces élections jusqu’à s’opposer aux officiers français qui souhaitaient la victoire du partie adverse qui était francophile.

Quelques années plus tard, Aoua Keïta renonça à la nationalité française et devint membre du Bureau politique de son parti. En 1959, elle devint la première femme malienne et d’Afrique francophone élue à l’Assemblée constituante de son pays.

Députée, elle participa activement en 1962 à la réforme du code du mariage qui fut une grande avancée pour les droits des femmes du Mali. Tout au long de sa carrière politique, elle lutta sans relâche pour l’émancipation des femmes et pour l’indépendance de l’Afrique, considérant qu’il y avait une corrélation entre les deux problématiques. Selon Aoua Keïta, la libération des chaînes coloniales entraineraient de facto la libération des femmes.

Sa carrière politique prit fin suite au coup d’Etat militaire de Moussa Traoré en 1968. Elle quitta son pays en 1970 pour rejoindre le Congo afin d’y rejoindre son nouveau mari. En 1975, elle publia ses mémoires « Femme d’Afrique. La vie d’Aoua Keïta racontée par elle-même, » aux éditions Présence Africaine dans lequel elle retraça son parcours.

En outre, Aoua Keïta est à l’origine de la Journée Internationale de la Femme Africaine célébrée le 31 juillet et promulguée par l’ONU et l’UA en 1962.

Aoua Keïta mourut le 7 mai 1980 au Mali.

Le parcours remarquable d’Aoua Keïta démontre à quel point elle marqua de manière indélébile l’histoire du Mali et celle de l’Afrique. Son combat indépendantiste et féministe eurent un impact fort dans son pays en permettant des avancées pour les droits de ses concitoyennes et une résistance forte face au joug colonial. On ne peut qu’imaginer la pugnacité et la force de caractère dont elle dut faire preuve afin de s’imposer en tant que femme dans une société conservatrice et sous domination coloniale. Son parcours force le respect et l’admiration. Il démontre le rôle des crucial des femmes dans l’histoire du continent et l’importance de l’émancipation de celles-ci afin de permettre leur pleine inclusion dans toutes les strates de la société.

 

Sources.

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