Témoignage de Betty Codjie sur le repassage des seins : « C’est tout à fait normal pour une fille d’avoir des seins alors l’en priver ou freiner le développement de ceux ci c’est un peu comme lui demander de renier sa nature. »

 

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Il y a quelques semaines, j’ai posté sur ma page Facebook une vidéo d’une jeune femme victime du repassage des seins. Le repassage des seins est une pratique qui consiste à utiliser des objets chauffés ou non pour masser , scarifier ou bander les seins des jeunes filles en vue de les empêcher de croître ou de les faire disparaître. Cette opération a pour but de faire disparaître la poitrine naissante des filles afin d’éviter qu’elles attirent le regard des hommes et ainsi éviter des grossesses précoces. Répandu principalement au Cameroun (où une femme sur dix en est victime) mais également dans d’autres pays africains tels que la Guinée-Bissau, le Tchad et en Guinée, le repassage des seins a de nombreuses conséquences physiques et psychologiques. En effet, de nombreux femmes ayant été victimes de cette pratique souffrent de mastodynites (douleurs mammaires), de kystes, d’infections, d’abcès et également de déformation mammaire qui entraîne une chute précoce des seins. Le cancer du sein pourrait également être une conséquence du repassage des seins car même le lien de causalité n’a pas pu être incontestablement établi, il a été constaté que de nombreuses victimes souffraient par la suite de la maladie.

Donc suite au partage de cette vidéo, j’ai reçu quelques commentaires dont un qui m’a particulièrement touché laissé par Betty Codjie, qui expliquait qu’elle avait vécu également cette expérience et que le traumatisme avait été profond. J’ai ensuite discuté avec elle en inbox et je lui ai proposé de témoigner sur mon blog pour partager son expérience pour sensibiliser sur cette pratique, ce qu’elle a accepté de faire.Lire la suite »

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Interview de Dolores Bakèla, co-fondatrice de l’Afro et du Fraîches Women Festival : “La diversité, ce sont déjà les vies, les parcours d’afrodescendant.e.s en France, acceptons les nuances, montrons-les et célébrons-les, elles sont précieuses!”

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Il y a quelques mois, j’ai pu faire connaissance avec Dolores Bakèla pour la première fois lors d’un évènement à Paris. Je la connaissais déjà à travers son travail sur L’Afro, média qu’elle a cofondé avec Adiaratou Diarassouba en 2015 pour mettre en lumière les expériences des afrodescendant.e.s. Quelques semaines après, lorsque j’ai appris via les réseaux sociaux qu’elle co-organisait le Fraîches Women Festival, j’ai été très enthousiaste car ce type d’évènement participe à créer des espaces de parole, de discussions et d’échanges pour les femmes autour de thématiques importantes qui les concernent directement.

Pour cette raison, j’ai voulu interroger Dolores pour qu’elle nous parle d’une part de son parcours et du média qu’elle a cofondé et d’autre part de l’organisation du festival et de l’importance qu’il revêt dans le contexte actuel.Lire la suite »

Les femmes de Nder, résistantes sénégalaises à la traite négrière arabo-musulmane.

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En novembre 2017, le monde a découvert avec horreur et stupéfaction les images d’un marché d’esclaves noirs en Libye. Les conséquences d’une guerre, la déstabilisation d’un état et la responsabilité des nations occidentales dans ce chaos ont été invoqués comme arguments pou tenter de comprendre l’horreur de la situation.  Bien qu’on ne peut écarter ces éléments, on ne peut mettre de côté le facteur historique qui sous-tend cet évènement tragique. En effet, un marché d’esclaves dans cette partie du monde n’est pas un hasard. Durant treize siècles, les pays du Maghreb et de la péninsule arabique ont pratiqué la traite négrière faisant plus de dix-sept millions de victimes en Afrique subsaharienne. Lire la suite »

« Volcaniques. Une anthologie du plaisir » ouvrage collectif sous la direction de Léonora Miano

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Le sexe. Le plaisir féminin. La jouissance. Des thématiques qui restent généralement absentes dans la littérature africaine et afrodescendante francophone. Léonora Miano a remédié à cela en réunissant onze autres autrices du continent et des diasporas noires pour explorer la sexualité féminine selon leur perspective. Les douze nouvelles de Léonora Miano, Hemley Boum, Nafissatou Dia Doiuf, Marie Dô, Nathalie Etoke, Gilda Gonfier, Axelle Jah Njiké, Fabienne Kanor, Gaëm Octavia, Gisèle Pineau, Silex et Elizabeth Tchoungui narrent des expériences de femmes noires avec leur sexualité et permettent d’aborder des thèmes tels que l’érotisme, le plaisir solitaire, l’homosexualité féminine, la découverte de son corps et des ses parties intimes, la sensualité, les fantasmes, les premiers émois sexuels, la soumission,etc…Lire la suite »

« I’m not free while any woman is unfree… » : mon plaidoyer pour une sororité inclusive.

 

c3f8f7b07c3df216db8cc3f2de427105_originalDepuis des décennies, chaque 8 mars est l’occasion de dénoncer et de mettre en exergue les violences et les inégalités subies par les femmes en raison de leur genre. La Journée internationale des droits des femmes permet de comprendre que malgré les avancées importantes de ces dernières années, les femmes subissent encore la domination masculine et la violence patriarcale au niveau économique, social et politique.

A cette occasion, j’ai choisi d’un parler d’un sujet essentiel dans le combat féministe: la sororité. Je considère la sororité comme étant la base du féminisme. Selon moi, la solidarité entre les femmes est intrinsèque au combat féministe. Elle est importante pour permettre la libération et l’autodétermination de toutes les femmes. C’est un outil politique important dans la lutte contre le patriarcat car ce dernier se nourrit de la division des femmes. Le système partiarcal a pu prospérer et se maintenir pendant durant des siècles en opposant les femmes les unes aux autres.Lire la suite »

Black Panther, le film qui redonne leurs lettres de noblesse aux femmes noires.

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Wakanda Forever ! Eh oui, moi aussi j’ai été prise par l’engouement autour du film Black Panther. La superproduction Marvel qui met à l’honneur le premier superhéros noir est déjà rentrée dans l’histoire en battant tous les records d’entrée à travers le monde. Black Panther est devenu un vrai phénomène !

Je l’ai vu le week-end dernier et je n’ai pas été déçue ! Bien sûr, on peut formuler des critiques sur l’une ou l’autre chose mais globalement le réalisateur Ryan Googler a réussi sa mission de faire de Black Panther un film iconique et inspirant pour toute une génération d’afrodescendants. Selon moi, le succès du film repose sur son impact en termes de représentations pour les Noirs. En effet, comme j’en ai parlé dans un post sur Facebook, Black Panther permet aux jeunes générations d’avoir des rôles modèles positifs particulièrement les jeunes filles. En effet, Black Panther se distingue d’autres productions de la même envergure par la place importante occupée par les femmes. T’Challa est sans doute le roi du Wakanda mais les vraies héroïnes de Black Panther sont Shuri, Ramonda, Nakia et Okoye !Lire la suite »